VICENTE Alexis

Alexis VICENTE, Plasticien, Art Brut,

Le travail d’Alexis Vicente se situe entre le réalisme et l’Art Brut.

Alex comme nous l’appelons familièrement est très actif, son travail est manuel, inventif. Nul problème pour lui d’assembler des morceaux de bois, de plastique, pour en faire des formes bien personnelles, pour scotcher, coller, encoller le papier, peintre ses réalisations, les enluminer, les patiner.

Il dessine et peint sur papier des personnages énigmatiques, fermés comme des murs, avançant dans une sorte de nuit permanente, des personnages chargés du poids de chapes lourdes, sans mains, sans sourires sur les visages, des maisons labyrinthe, des maisons refermes sur elles mêmes comme de grosses pierres qui, en voyage incertain se seraient fichées dans la terre ou dans un ciel sans orage. C’est aussi cela son travail. Il réalise des sujets thématiques en papier mâché : des oiseaux, des paniers, des gisants blancs sur drapas blancs dans leur lit, dans des formes épurées et très biscornues.

Il est à la fois marginal et bien inséré dans la société, tout en ayant été réfractaire au dressage éducatif et au conditionnement culturel. Il reste aujourd’hui un esprit rebelle sans référence artistique et crée selon ses propres impulsions : il réinvente les formes selon les formes brutes, il invente sa langue et travaille sans relâche avec de temps en temps des promenades pour sortir son chien et voir ses amis. Tout son temps est consacré à son oeuvre qui est à la fois réelle et en devenir.

” l’Art ne vient pas coucher dans le lit qu’on lui a fait ; il se sauve aussitôt qu’on prononce son nom; ce qu’il aime, c’est l’incognito. Ses meilleures moments sont quand il oublie comment il s’appelle.”

Bernard BUFFET en 1945

Alexis Vicente joue entre deux mondes : Celui de l’Art Brut pour son indépendance des normes commerciales, et celui du monde bien organisé qui lui permet de créer ses réseaux : une forme d’intelligence très actuelle car on n’est rien, on n’arrive à rien sans réseaux. Alex, lui veut être et arriver à faire reconnaitre ses oeuvres : c’est là la contradiction qui est un moteur formidable pour sa création.

Alice Caron Lambert

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