Karl LAKOLAK

KARL LAKOLAK, plasticien / écrivain, vit à Bordeaux et Paris. Son travail porte sur la question des représentations du corps contemporain physique et mémoriel, ses perceptions / réceptions à l’ère du Net, ses images virtuelles fantasmées et ses empreintes poétiques.

“Le voile du fantôme” Performance de Karl Lakolak
“Persée & Andromède” Performance de Karl Lakolak
“Une histoire d’amour” Vidéo de Karl Lakolak (2011)

Ouvrage paru : Sarabande pour un corps (Everland éditions, 2007).

Ornement “Alkyoneus”…

Après des siècles de domination du visage blanc, voici revenu le temps des corps multicolores, à la « beauté interlope », pour le dire avec Baudelaire. Faut-il voir dans ces corps bariolés le portrait de l’homme du télé-zapping, qui ressemble à « l’homme-pot-de-couleurs » de « la ville de la vache multicolore » que Zarathoustra pourfend comme un « homme-éponge » sans force ni style, ou bien au contraire celui d’un « surhomme » prêt à expérimenter une multiplicité de formes de vie et à entrer dans la sarabande joyeuse et polyphonique des êtres vivants ? C’est l’ambiguïté de cette farandole de beautés interlopes, ses peurs et ses forces, ses cauchemars et ses rêves, ses raves et ses orgies, son show-biz et ses backrooms, ses amours et ses désamours, que peint, photographie et filme, en technicolor fluo flaschi, Karl Lakolak.

Remarqué pour ses « toiles-photographies » présentées dans le cadre de l’exposition « Pierre Molinier / Jeux de Miroirs » au musée des Beaux-Arts de Bordeaux en décembre 2005, Karl Lakolak est, par excellence, l’artiste du corps polychrome. Invitant ses modèles à venir dans son « atelier-chambre » jouer leur propre rôle dans une chorégraphie dont il a préalablement écrit le scénario, organisé le décor et dessiné les costumes, il les peint et les sculpte comme des idoles chamarrées de chair, de couleurs et de mots.

À la différence de Klein et des artistes du Body Art en général, il n’invite son modèle à se mettre à poils (Naked) que pour le transformer en un Nu (Nude) déshabillé. C’est cet oxymore qui donne à son œuvre sa beauté interlope.

Bernard Lafargue

la chambre le 27 juin 2006 Paris

«Jordan sur dénudé dans cette ultime équivocité anthropologique des relations hybrides»

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